Les bibliothèques d'artistes

Monet dans sa bibliothèque · La constitution de la bibliothèque

L'espace de la bibliothèque

C’est dans le second atelier, en dehors du circuit de visite que se trouve l’ensemble des ouvrages qui constitue ce qui nous est parvenu de la bibliothèque de l’artiste. Ils y ont été rangés là lors de la restauration entamée en 1976 dans des meubles bibliothèques spécialement conçus pour cet usage.

Des indices pour comprendre la constitution de la bibliothèque

Il est très difficile de déterminer avec précision comment Monet s’est procuré tous ces livres. Les a-t-il achetés directement ? Les commandait-il à Paris ? Demandait-il à ses connaissances de les lui envoyés ? Lui offrait-on ? Loin d’être exclusif l’un de l’autre, ces processus se sont sans doute complété. On en trouve des indices dans sa correspondance ou sous la forme des envois autographes qui figurent sur 202 volumes de la bibliothèque.

Evolution des dates de publication des ouvrages de la bibliothèque
©FF2M et SLM

Un autre indice est celui des dates d’édition des ouvrages. Comme le montre le graphique, la très grande majorité des ouvrages datent de la fin des années 1870 et jusqu’aux années 1920, c'est-à-dire la période où Monet est à Giverny. Il ne s’agit évidemment pas tous d’édition originale et des livres antérieurs ont pu être rachetés dans des éditions postérieures, d’autres être acheté quelques années après leur date de parution ou encore d’autres livres rachetés dans une nouvelle édition mais parus plusieurs années auparavant.

Evolution des dates des envois autographes
© FF2M

Il ne s’agit en tout cas pas d’une bibliothèque constituée depuis sa jeunesse et qui l’aurait suivi au fil de ses déménagements. Cette hypothèque est corroborée par la chronologie des envois qui est encore plus claire. Des trois ouvrages dédicacés datant d’avant 1883, deux sont en fait adressé à Zacharie Astruc, sans qu’on ne sache comment ils sont arrivés dans la bibliothèque de Monet et le troisième est un livre de prix « donné par Marguerite/Dubois à Suzanne Hoschédé » en 1883.